Les bénéfices de TotalEnergies augmentent sur fond de guerre en Iran, ce qui suscite des appels à des taxes exceptionnelles

Le géant français du pétrole et du gaz TotalEnergies a annoncé mercredi que son bénéfice net avait augmenté de 51% au premier trimestre à 5,8 milliards de dollars, stimulé par la hausse des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient, suscitant les critiques des groupes climatiques.

La croissance de sa production pétrolière et gazière au Brésil, en Libye et en Australie a permis au groupe de compenser ses pertes dans la région du Golfe, qui représentent normalement 15 pour cent de son activité pétrolière et gazière totale, a indiqué la société dans un communiqué.

Il a également souligné leur « capacité à capitaliser sur la hausse des prix ».

La production de pétrole et de gaz de la société a augmenté de 4 pour cent au cours du trimestre, et la quantité de gaz naturel liquéfié transportée par voie maritime a augmenté de 12 pour cent.

TotalEnergies a également déclaré que sa division trading avait réalisé “de très bonnes performances”.

Début avril, le Financial Times a rapporté que TotalEnergies avait gagné plus d’un milliard de dollars en achetant presque toutes les cargaisons de pétrole exportables au Moyen-Orient, à un moment où les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran avaient fermé le détroit d’Ormuz et fait monter en flèche les prix du pétrole.

“Les profits de guerre de TotalEnergies mettent en évidence notre dépendance continue aux énergies fossiles, dont la hausse des prix profite une fois de plus aux actionnaires au détriment des consommateurs”, a réagi Antoine Bouhey, coordinateur de campagne pour Reclaim Finance.

Greenpeace France a dénoncé une “logique cynique” alors que “les ménages paient le prix fort à la pompe”.

Un nouvel impôt sur les bénéfices extraordinaires est proposé

La hausse des prix du gaz a relancé un débat politique en Europe sur la taxation des bénéfices exceptionnels liés aux prix élevés du pétrole, une idée à laquelle le Premier ministre français Sébastien Lecornu a déclaré début avril qu’il n’avait “en principe aucune objection”.

Mercredi, Lecornu a appelé TotalEnergies à s’engager à redistribuer les bénéfices exceptionnels “d’une manière ou d’une autre”.

“Les résultats exceptionnels soulèvent la question d’une redistribution exceptionnelle et proportionnée… une option passe par des moyens fiscaux. Aucune porte n’est fermée”, a déclaré Lecornu aux sénateurs mercredi après que le Parti socialiste d’opposition a proposé une loi imposant un impôt minimum de 20 % sur les bénéfices exceptionnels liés à la crise.

L’année dernière, Total n’a payé aucun impôt en France puisque ses bénéfices commerciaux sont comptabilisés principalement en Suisse, alors que ses raffineries françaises étaient déficitaires.

Elle a volontairement plafonné les prix à la pompe dans ses stations-service françaises depuis le début de la crise.

L’entreprise a déclaré qu’elle le faisait déjà en limitant les hausses de prix à la pompe.

“C’est ainsi que nous redistribuons nos bénéfices”, explique TotalEnergies à l’AFP.

TotalEnergies a également annoncé avoir partiellement redémarré mi-avril sa raffinerie de Satorp, dans l’est de l’Arabie saoudite, après avoir fermé l’installation à la suite de frappes aériennes début avril.

Le groupe a augmenté son dividende de 0,85 euro à 0,90 euro par action.

L’action TotalEnergies a augmenté de 0,2 pour cent dans les échanges de l’après-midi à Paris, où l’indice de premier ordre CAC40 était en baisse de 0,5 pour cent.

(FRANCE 24 avec AFP)

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