Des études ont montré que la population française est confrontée à une exposition prolongée à des niveaux « inquiétants » de ce métal toxique, selon l’Agence française de sécurité et de santé de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
L’Anses a relevé “des niveaux de cadmium à tous les âges, même dans la petite enfance”.
Le cadmium est présent naturellement dans l’environnement, mais certaines activités humaines peuvent augmenter la présence de ce métal, qui peut être toxique (cancérogène ou affectant la reproduction, les os et les reins) en cas d’exposition prolongée.
“Le cadmium est connu pour être cancérigène, mutagène et toxique pour la reproduction, et une exposition prolongée provoque des lésions rénales et une fragilité osseuse chez l’homme, notamment par exposition orale par l’alimentation et l’eau de boisson”, précise l’Anses.
Le cadmium peut être ingéré ou inhalé par les aliments, l’eau, l’air, la poussière, le sol, les cosmétiques et le tabac. Mais l’Anses souligne que l’alimentation constitue la principale source d’exposition, représentant jusqu’à 98 % de l’exposition des non-fumeurs.
Les céréales du petit-déjeuner, le pain, les pâtisseries, les gâteaux et biscuits, les pâtes, le riz, le blé, les pommes de terre et certains légumes comptent parmi les aliments les plus contaminés.
Pour les fumeurs, fumer et vapoter constituent une autre source majeure d’exposition.
Pour réduire durablement l’exposition au cadmium, l’Anses a appelé à agir « en priorité à la source » de la contamination alimentaire : les sols agricoles et les engrais (dont les engrais minéraux phosphatés, les effluents d’élevage et les boues d’épuration).
L’Anses a notamment appelé à « l’application dans les plus brefs délais de valeurs limites de cadmium pour les engrais », réitérant sa recommandation de 2019 d’une teneur maximale en cadmium de 20 mg par kilogramme dans les engrais minéraux phosphatés, contre les limites actuelles de 90 mg en France et 60 mg dans l’Union européenne.
“Si les niveaux d’exposition actuels persistent et qu’aucune mesure n’est prise, des effets indésirables à long terme risquent de se produire dans une partie croissante de la population”, a déclaré à la presse Géraldine Carne, coordinatrice de l’étude de l’Anses.
(FRANCE 24 avec AFP)