La crise iranienne et les tensions liées à la Coupe du Monde jettent une ombre sur le Congrès de la FIFA à Vancouver

Les grands acteurs du football se réunissent jeudi à Vancouver à l’occasion du 76e Congrès de la FIFA, un rassemblement de haut niveau moins de deux mois avant l’ouverture de la plus grande Coupe du monde de l’histoire au Canada, au Mexique et aux États-Unis.

La guerre en Iran, les problèmes logistiques de la Coupe du monde et la question non résolue de l’interdiction internationale de la Russie seront les sujets de débat entre environ 1 600 délégués de plus de 200 associations membres.

L’absence de l’Iran menace déjà d’éclipser la réunion.

Les responsables de la Fédération iranienne de football (FFIRI) ont brusquement quitté le Canada après avoir atterri à Toronto plus tôt cette semaine, abandonnant leur voyage à Vancouver.

Les médias iraniens ont déclaré que le président du FFIRI, Mehdi Taj, ancien membre du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) de Téhéran, et deux de ses collègues sont rentrés chez eux après avoir été « insultés » par les agents de l’immigration canadiens.

Le Canada, qui a désigné le CGRI comme organisation terroriste en 2024, a déclaré mercredi que les individus liés à cette force étaient « inadmissibles ».

« Bien que nous ne puissions pas commenter des cas individuels en raison des lois sur la protection de la vie privée, le gouvernement a été clair et cohérent : les responsables du CGRI ne sont pas admissibles au Canada et n’ont pas leur place dans notre pays », a déclaré l’agence canadienne de l’immigration dans un communiqué.

Cet épisode ajoute une nouvelle incertitude au statut de l’Iran dans la Coupe du monde, déjà trouble depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février avec une vague d’attaques des États-Unis et d’Israël.

Les responsables du football iranien ont déclaré le mois dernier qu’ils avaient suggéré de déplacer les trois matches de groupe de la Coupe du monde des États-Unis vers le Mexique, un projet qui a été rapidement rejeté par le président de la FIFA, Gianni Infantino.

Infantino a déclaré à l’AFP que l’Iran disputerait la Coupe du monde “là où elle devrait se dérouler, selon le tirage au sort”.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a insisté la semaine dernière sur le fait que les footballeurs iraniens seraient les bienvenus pour participer au tournoi.

Mais Rubio a averti que les États-Unis pourraient toujours interdire l’entrée aux membres de la délégation iranienne ayant des liens avec le CGRI.

Infantino à la loupe

Le chef de la FIFA arrive à la réunion de jeudi sous la surveillance de critiques concernant la flambée des prix des billets pour la Coupe du monde et son amitié étroite avec le président américain Donald Trump.

La FIFA a annoncé mardi qu’elle avait augmenté les distributions financières pour la Coupe du monde à près de 900 millions de dollars, contre 727 millions de dollars initialement annoncés en décembre.

Cette décision intervient après que plusieurs équipes qualifiées pour la Coupe du monde ont averti qu’elles risquaient de perdre de l’argent en participant à ce tournoi tentaculaire, invoquant le coût élevé des déplacements, des taxes et des opérations globales.

Parallèlement, des groupes de défense des droits de l’homme ont appelé le président suprême du football à profiter de son prochain discours devant les délégués de la FIFA pour garantir que les visiteurs de la Coupe du monde ne risquent pas d’être pris dans la répression draconienne de l’immigration par l’administration Trump.

“Le président de la FIFA, Gianni Infantino, n’a pas encore expliqué publiquement comment les fans, les journalistes et les communautés locales seront à l’abri des arrestations arbitraires, des déportations massives et de la répression de la liberté d’expression”, a déclaré mercredi Steve Cockburn, responsable de la justice économique et sociale à Amnesty International.

“Ce Congrès de la FIFA devrait être le moment de le faire, et la communauté mondiale du football doit recevoir plus que de vaines platitudes”, a ajouté Cockburn dans un communiqué.

Infantino fait également face à des appels visant à abolir le Prix de la paix de la FIFA, qu’il a décerné à Trump lors du tirage au sort de la Coupe du monde en décembre dernier à Washington.

“Nous voulons que (ce prix) soit aboli”, a déclaré cette semaine la présidente de la Fédération norvégienne de football, Lise Klaveness. “Nous ne pensons pas que décerner une telle récompense fasse partie du mandat de la FIFA.”

Le Congrès de jeudi pourrait également aborder la question de l’interdiction actuelle du football international par la Russie, en vigueur depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.

Infantino s’est prononcé plus tôt cette année en faveur de la levée de l’interdiction imposée à la Russie.

“Cette interdiction n’a rien apporté, elle n’a fait que créer davantage de frustration et de haine.”

(FRANCE 24 avec AFP)

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